Marqué par la Covid et la sur-digitalisation de la société française, le secteur de l’immobilier a connu plusieurs tremblements cette année. Après l’incroyable année 2019 et son record de transactions immobilières, 2020 est beaucoup plus contrastée. Les ventes ont connu logiquement un recul, et des secteurs comme celui de la construction ont été ralentis par les confinements. L’immobilier reste toutefois au cœur des préoccupations des Français, mais leurs attentes ont évolué et leurs comportements ont changé. 

Que faut-il retenir de cette année ? Comment les professionnels de l’immobilier doivent-ils se préparer à 2021 ?  

Les Français et l’immobilier, entre stress et confiance

L’immobilier est un sujet sensible pour les Français : selon une étude Opinion Way qui date de mars 2019, ils sont 86 % à le considérer comme stressant. L’immobilier concerne souvent un projet d’une vie, pour lequel être rassuré et bien accompagné est indispensable. Avec un contexte social incertain, les Français ont plus que jamais besoin d’avoir confiance en leur conseiller immobilier, leur promoteur, leur constructeur, et d’être rassurés dans leurs choix. En réponse à cette crainte, les avis clients s’imposent encore cette année plus comme un élément rassurant, déclencheur de prise de contact. En effet, 24% des Français considèrent la réputation d’un conseiller immobilier comme le principal critère de confiance (1).

Pour autant, les Français sont optimistes en cette fin d’année, 71 % se disent sereins face à l’avenir (2). Le marché de l’immobilier reste également intéressant : 8 investisseurs sur 10 (3) continuent de considérer l’immobilier comme étant le placement le plus attractif, et plus de la moitié des porteurs de projets pensent que la Covid pourrait même créer de nouvelles opportunités (3). Malgré la crise sanitaire, l’immobilier reste une valeur sûre avec des perspectives positives pour les prochains mois.

Un accès à l’immobilier qui se différencie

Si les Français sont positifs vis-à-vis du marché, l’accès à celui-ci est plus nuancé. Les taux de crédits restent très bas en cette fin d’année, mais les conditions d’octroi d’un crédit se sont toutefois durcies et ce, avant les confinements, avec la mise en place de nouvelles mesures en novembre 2019 par les autorités financières. Ces mesures, dont le but était de réguler d’avantage les emprunts, ont selon la FNAIM augmenté les taux de refus et allongé les délais de traitement des dossiers.

Les acquéreurs aux revenus élevés, peu ou pas impactés, pourraient davantage bénéficier des évolutions du marché. A contrario, ces conditions associées à la crise économique, rendent l’accès à un crédit plus difficile pour les primo-accédants ainsi qu’aux acquéreurs aux plus faibles revenus. Face à un projet parfois plus difficile à lancer, être accompagné par le bon courtier qui inspire confiance est d’autant plus important.

Des envies qui évoluent

Etre assigné à résidence 24h/24, 7j/7 en télétravail, renvoyé à sa condition d’habitant : les confinements ont fait évoluer les envies des Français sur leur habitat et leur mode de vie. Ils ont modifié la vie quotidienne et amené à repenser des perspectives d’avenir.

Le plus évident et médiatisé, est la volonté d’avoir davantage d’espace intérieur et extérieur, ainsi que plus de lumière. C’est une envie partagée nationalement, qui se matérialise par un regain d’attractivité pour les maisons, avec 65 % des recherches (3). Sans surprise, les urbains cherchent à s’éloigner de la capitale et des métropoles : 23 % des Franciliens chercheraient à acheter en province, et pour 34 % dans une maison (3). Ce désir de verdure avait déjà émergé dès 2018 suite aux différents événements qui avaient marqué les grandes villes : gilets jaunes, canicule, grèves des transports.  L’ère du temps serait donc à la rêverie d’un ailleurs à la campagne… Mythe ou réalité ? Pour le moment, aucun chiffre ne va dans ce sens. 

L’ultra digitalisation

Si 72 % des Français se connectent quotidiennement à Internet, des pics de 3h par jour ont été enregistrés à ces périodes selon Médiamétrie. Cette connexion accrue s’est aussi vue du côté des entreprises : 67 % d’entre elles ont augmenté leur présence sur les réseaux sociaux (4). Internet s’impose encore plus comme le premier point de contact entre un prospect et un professionnel, autant dire l’importance de l’e-réputation et des avis clients en ligne.

C’est aussi tout le parcours client qui a été impacté avec la nécessité de digitaliser chacune des étapes afin de s’assurer une continuité de la relation. Les visites virtuelles ont connu une forte croissance, tout comme les signatures électroniques ou encore les estimations en ligne. La COVID a accéléré la transformation numérique du secteur et ces nouveaux outils ont modifié les habitudes des Français. Après chaque confinement, des records de visites sur les sites d’annonces ont ainsi été constatés. Les visites virtuelles ont été plébiscitées ; 18 % des Français se disaient même prêts à signer après celles-ci, sans voir le bien physiquement (3). 

Ces évolutions ont émergé cette année et vont devenir le standard de la relation client immobilier de l’année prochaine. Ne pas proposer de signature électronique ou de visualisation 3D, c’est fermer la porte à des Français devenus familiers et demandeurs de ces pratiques. 

En résumé

La crise sanitaire a donc autant impacté l’offre que la demande. Une vision positive de l’immobilier prédomine, mais plus que jamais les incertitudes règnent. Face à des difficultés de lancement de projets ou de nouveaux projets de vie, les Français ont plus que jamais besoin d’être rassurés. De plus en plus digitalisés, les avis clients sont incontournables et maîtriser son e-reputation est un enjeu de taille pour les professionnels du secteur. Prendre en compte ces évolutions de comportements, c’est aborder l’année 2021 comme les Français avec l’immobilier, positivement.

(1) Etude Statista, 2020 
(2) Enquête Meilleurs agents, 2020
(3) Etude SeLoger, 2020

(4) Etude Deloitte, 2020